6-1 | Table des matières | http://​dx​.doi​.org/​1​0​.​1​7​7​4​2​/​I​M​A​G​E​.​O​N​F​.​6​-​1.8 | Port­fo­lio PDF


Dominic Gagnon

Portfolio

Du moteur à explo­sion (2000) | The Matrix (2004) | Haute vitesse (2007) | RIP in Pieces Amer­i­ca (2009) | Data (2010) | Big Kiss Good­night (2012) | Pieces and Love All to Hell (2011) | Hoax_Canular (2013)


Du moteur à explo­sion (2000)

« [T]out le monde pen­sait que c’étaient des images recy­clées. Quand j’étudiais à Con­cor­dia, mes men­tors, les gens que j’aimais beau­coup, étaient Artur Lipsett, Bruce Con­ner : des colleurs, tous des artistes du col­lage. J’avais alors une esthé­tique de mon­tage qui fai­sait très « col­lage, » bien que je pro­dui­sais mes pro­pres images. C’est une espèce de tem­po­ral­ité, de com­men­taire social, le choc d’Eisenstein, machin : ça m’est resté. »

Fig 1

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The Matrix (2004)

« [Ce film] résonne fort encore avec ma pro­duc­tion actuelle. J’y détour­nais tous les slo­gans de Sony : “On est en train de met­tre au monde une nou­velle com­mu­nauté de gens au ser­vice de l’image, des images à mul­ti­pli­er, à partager.” Tout ça, c’est l’utopie. Dans ce film, c’est moi qui délaisse la caméra pour laiss­er les autres la pren­dre finale­ment… »

Fig 2

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Haute vitesse (2007)

« L’homme qu’on voit dans le film était tout le temps après moi. La seule façon que j’ai trou­vée pour m’en sor­tir a été de lui dire : “Ok, tu veux me par­ler, tu veux me par­ler, tu veux me par­ler… On va faire un film ensem­ble, tu vas me racon­ter tout ce que tu veux me racon­ter […].” Je n’avais même pas tra­vail­lé de ques­tions avec lui, ce n’étaient que des mots clés. Il sor­tait de prison, il avait écouté beau­coup de télévi­sion, avait accès à Inter­net. Il était hyper doc­u­men­té, […] c’était juste avant de com­mencer mon délire dans Inter­net parce qu’il était déjà là, lui. C’était mon moteur de recherche. »

Fig 3

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RIP in Pieces Amer­i­ca (2009)

« [L]orsque j’ai réal­isé que les vidéos dis­parais­saient, j’ai com­pris que YouTube n’était pas un mode d’archivage et que le Web est très insta­ble. Des choses s’effacent, on ne s’en rend pas compte et, d’un coup, ça devient notre non-his­toire… Ce n’est pas si grave parce qu’il y en a telle­ment. Mais des fois, c’est bien d’imaginer une piste de lec­ture, un algo­rithme de lec­ture à ces choses-là et de le faire vite, dans l’immédiat, dans le présent pour garder ça comme un sou­venir d’une époque. Pour moi ça renoue avec une cer­taine idée du direct. […] C’est une prise directe sur le réel virtuel. »
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« Com­ment les jeunes et les adultes se met­tent en scène, c’est très ciné­matographique. Tout ça, ce sont des morceaux, des pièces de ciné­ma éparpil­lées un peu partout dans nos vies. Mon tra­vail est de récupér­er tous ces petits morceaux qui font ciné­ma et de les rapiécer ensem­ble pour en faire une sorte de Franken­stein. Et revoir le ciné­ma nou­veau appa­raître. »

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Data (2010)

Fig 5

« Les gens trou­vent sou­vent que l’image vidéo, con­traire­ment à la pel­licule, n’est pas belle, qu’elle est trop plate. Mais des images de bass­es réso­lu­tions d’Internet, pro­jetés sur un gros écran, c’est riche, ça vibre ! Il y a quelque chose d’hypnotique dans le mou­ve­ment des pix­els. »

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Big Kiss Good­night (2012)


Fig 6

« Le ciné­ma ce n’est pas juste le film, c’est le rit­uel d’aller le voir et ensuite d’en par­ler. Je vois ça comme un sys­tème cul­turel qui crée du sens dans nos vies. C’est pour ça que des films de fic­tion, très bien fig­nolés, pour moi c’est mort ! Ce ne sont pas des objets vivants, qui nous inter­ro­gent, qui nous chal­len­gent ni rien. »

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Pieces and Love All to Hell (2011)

« L’idée de pren­dre du stock qui est là-dessus (w.w.w.), de l’amener dans une salle de ciné­ma, de la regarder tous ensem­ble, de s’accorder sur ce que c’est : c’est un geste poli­tique, aujourd’hui. »

Fig 7

« Quand j’ai mon­tré ces films au début, on me dis­ait que j’étais aus­si taré qu’eux, parce que je n’allais pas leur dire : “Je ris d’eux. La seule façon que je peux me présen­ter devant un pub­lic, de leur pro­pos­er ces films, c’était de dire, je les crois. C’est jusque-là que va mon degré d’empathie avec mon sujet. C’était la seule façon de le défendre sinon c’était de l’exploitation. Je me suis prêté au jeu. Il y a beau­coup de provo­ca­tion dans ça. Les faire douter com­plète­ment de ce qui vient de se pass­er sur l’écran. Je préfère regarder la dimen­sion per­for­ma­tive, d’aller jusqu’au bout de la présen­ta­tion et de voir com­ment je vais défendre… même l’indéfendable. C’est super impor­tant pour moi, c’est là que j’ai du plaisir. Ça fait une vie bien plus intéres­sante que de sim­ple­ment s’asseoir sur un socle. On donne un Q&A, c’est un socle ou un trem­plin ? »

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Hoax_Canular (2013)


« On se fait met­tre des couch­es, et des couch­es, et des couch­es de pro­pa­gande de peur sur tout et rien, que ce soit dans les films, la lit­téra­ture, les bul­letins de nou­velles, les jeux vidéo. Ça prend juste un déclencheur. Tu l’encaisses, tu le prends, tu le prends, tu le prends, mais à un moment don­né ça prend juste une panne d’électricité pour te faire faire une psy­chose. Ce que tu as emma­gas­iné te revient d’un coup. Comme une vague. Beau­coup de con­trôle est exer­cé comme ça en société aujourd’hui. C’est pour ça que c’est tapis­sé mur à mur de peur, de peur, de peur. D’un rien tu peux faire peur à des grands groupes de per­son­nes, et les avoir dans ta poche, les balis­er, les con­trôler. »

Fig 8

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